Dépôts d’immondices : quand le passé remonte à la surface

On en a parlé dans les médias : un ancien dépôt d’immondices a été mis au jour dans le Bois des Aujes. Nous avons fait le point avec Michel Fautsch, environnementaliste de Lesve, et Florence Lechat, échevine.

Publié le mardi 22 août 2017

Michel, comment es-tu tombé sur cette découverte ?

MF : En tant qu’environnementaliste, je participe au recensement de l’androsème, une plante rare que nous avons la chance de posséder sur le territoire de la commune. Au début du printemps dernier, lors d’un de ces inventaires dans le Bois des Aujes situé sur la colline qui sépare Profondeville et Burnot, mon attention a été attirée par des couleurs inhabituelles dans un sous-bois. En m’approchant, j’ai eu la surprise de tomber sur une véritable décharge en plein bois ! Il y avait là des déchets ménagers, des plastiques, des vieux jouets, des flacons de lessive, ...

Quelle a été ta réaction ?

MF : J’ai pris quelques photos que j’ai publiées sur Facebook. Suite à cela, j’ai eu des échanges avec l’administration communale. Mes photos ont aussi suscité l’intérêt des médias.

Quelle est l’origine de cette décharge ?

MF : Il s’agit apparemment d’un ancien dépôt des ordures de la commune, qui date d’une époque où on n’avait peu de préoccupations environnementales. Dans les années 80, les dépôts ont cessé à cet endroit, et comme c’était l’usage, la décharge a été simplement recouverte d’une couche de terre. Trente ans après, cette couche s’est érodée et les déchets refont surface.

Quelle a été la réaction des autorités communales ?

MF : Les contacts que j’ai eus me donnent l’impression que la Commune de Profondeville a pris la mesure du problème. D’après les premières analyses, il semble qu’il n’y ait là que des déchets inertes sans risque de pollution à grande échelle, à l’exception d’un dépôt de pneus. J’attends la suite... •

Florence Lechat, quelles sont les mesures prises face à cette découverte ?

FL : La Commune est en quelque sorte rattrapée par son passé peu glorieux, même s’il date d’une époque où toutes les communes pratiquaient de la sorte. La Spaque a ainsi recensé 900 anciennes décharges de ce type ! Ici comme le site est très difficile d’accès et que le risque de pollution semble limité, il n’est pas réaliste d’évacuer les immondices. C’est à l’étude, mais on s’oriente plutôt vers une sécurisation des déchets sur place.

Ce n’est pas le seul problème de déchets sur le territoire de Profondeville ...

FL : Malheureusement non. Le site d’une ancienne carrière en contrebas a lui aussi servi de dépôt de déchets communaux. Ce site est en zone Natura 2000, ce qui nous permettra probablement d’obtenir des moyens supplémentaires pour le réhabiliter. Heureusement, dans les deux cas, les études de sol réalisées à ce jour montrent qu’il n’y a pas de pollution importante sur ces sites. •